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Date De Naissance Du Blog

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  • : Ce qui me passe par la tête au moment où ça me passe par la tête. C'est mon blog, oui ou merde ?
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Sergeant Pepper Times a déménagé à une nouvelle adresse : www.sergeantpeppertimes.net.

Il ne publiera donc plus aucun article ici-même.

 

SPT

Grenier

 

Suicide Bomber

1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 09:22

 

La couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) qui habite dans les anfractuosités de ma vieille maison n’est, cette année, sortie que très tard de son hibernation.

Souhaitons-lui, maintenant qu’elle est enfin sur pied, une bonne chasse aux lézards, aux rongeurs et, surtout, car il semblerait qu’elle ait un certain goût pour ce qui rampe, aux vipères qui pourraient songer à s’installer dans mon jardin. Ou devrais-je plutôt dire, puisque c’est de bon cœur que je partage avec elle mon territoire, dans notre jardin.

 

Couleuvre verte et jaune

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 14:26

 

L’auteur doit se rendre à l’évidence qu’il vieillit mal et que disposer d’un gros paquet d’herbe du diable et d’une réserve de blocs de papier gommé n’est, chez lui, plus compatible du tout avec l’écriture et la mise à jour régulière de Sergeant Pepper On Air.


C’est pourquoi il a décidé, après mûres réflexions, de privilégier son blog et ne pas faire l’acquisition d’un nouveau paquet de divin cannabis à expiration de celui-ci.

 

Cet aveu qu’il vous fait le soulage de la culpabilité qu’il éprouvait, depuis décembre, à ne pas produire grand-chose. C’est maintenant le cœur léger, que dis-je, l’âme sereine, qu’il va pouvoir fumer ses derniers pétards, le cul posé sur une chaise placé au centre exact de son jardin ensoleillé.

 

Tenez-bon, mes amis, il revient bientôt. Il n’est qu’à quelques petits grammes de vous. Il est presque arrivé. Il se trouve, pour ainsi dire, au coin de la rue.

 

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 09:30

 

Il semblerait que les habitants des profondeurs n'aient pas encore siroté leur content de café à huit heures du matin. A moins qu'ils ne soient que de vulgaires avaleurs de thé. Auquel cas ils méritent d'avoir encore la tête dans le brouillard.

 

Brume vallée

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 08:50

 

Le café est une boisson proprement miraculeuse, n’en déplaise aux philistins qui lui préfèrent une simple eau chaude qu’ils nomment, non sans une certaine emphase, « thé ».

 

Les deux premières photos ci-dessous ont été prises à Nothing Hill vers 6 heures du matin, après seulement une demi-tasse de café. Les deux suivantes l’ont été vers 8 heures, après, pour autant qu’il m’en souvienne, trois tasses du même café. La différence, comme vous pouvez le constater, est notable : les photos les plus récentes, à défaut d’être réussies, sont nettement plus lumineuses que les premières.

C’est là la preuve indéniable, indiscutable, indubitable, incontestable, que sais-je encore, que le café éclaircit l’esprit de façon sensible.

Et la démonstration serait encore plus éclatante si, n’étant pas le pauvre que je suis, je buvais du café issu du commerce équitable et disposais d’un bon appareil.

 

Quant au texte présent, je vous livre l’info pour ce qu’elle vaut, il a été écrit sous l’influence de quatre cafés.

 

Lune Nothing Hill 1Lune Nothing Hill 2.0Lune Nothing Hill 3

Lune Nothing Hill 4



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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 21:04

 

 

Mon étrangère de femme, de retour après une longue absence de trois jours, et mise au courant des propositions salaces de SuperMarine, a proposé, une fois le stock de bières laotiennes épuisé, que nous ouvrions une bouteille de rosé de Provence.

Ce qui fut fait dans les plus brefs délais.

Convenez maintenant avec moi que non seulement Lucy in the Sky, puisque tel est son nom, a de la repartie mais qu’elle sait également marier les couleurs.

Ce n’est peut-être pas évident sur ces photos mais sachez que, verre en main, face à ce soleil couchant, je dispose également, posée à ma droite, d’une assiette où sont harmonieusement disposées quelques fines tranches d’andouillette.

Plénitude.

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 16:55

 

Très honnêtement, autant vous le dire tout de suite, alors que c’est de lui que l’on parle, j’ai oublié janvier. Tous les ans, les derniers jours de décembre venus, je suis à peu près incapable de dire ce que j’ai bien pu foutre ou ne pas foutre le premier mois de l’année. Si l’on m’y autorise, laissez-moi vous avouer que j’ai toujours tenu janvier pour l’un des mois les moins intéressants de l’année. A égalité avec février, autre mois pathétique s’il en est. Je trouve même que les natifs du premier trimestre, hormis les charmants Verseaux, sont parmi les êtres les plus fades et les plus dispensables que la terre soit appelée à porter. Je suis depuis très longtemps persuadé que nous pourrions tous les supprimer du jour au lendemain et ne pas nous en porter plus mal. Tous ceux d’entre vous qui connaissent des Capricornes ou des Poissons et, surtout, tous ceux d’entre vous qui, à cause d’un mauvais karma dont ils sont entièrement responsables, sont des Capricornes ou des Poissons savent très exactement de quoi je parle. Force est de reconnaitre que, questions charisme, intelligence et profondeur, nous avons affaire avec des gens qui n’ont pas le moindre rapport avec les légendaires Cancers et les mythiques Scorpions. Pour ne citer que ce qui se fait de mieux en astrologie. Dans les zoos, les chèvres et les poissons ne comptent généralement pas au nombre des animaux devant lesquels on s’esbaudit. Mater ou mâter les chèvres n’est un plaisir que pour les légionnaires loin de leur foyer et les islamistes, où qu’ils soient.

Bref, pour en revenir à janvier 2010, il m’a fallu fouiller dans les archives du blog pour que le tremblement de terre d’Haïti me revienne à la mémoire. J’ai toutefois pour circonstance atténuante de m’être trouvé à des dizaines de milliers de kilomètres de Port-de-Prince au moment de la branlée historique. Le Siam, où j’habitais alors, n’a pas frémi. Rien. Pas la moindre petite vibration, pas la plus petite lézarde. Il est donc un peu normal, pour ne dire humain, qu’à l’instar du pays qui m’accueillait, ce soit là un programme télévisuel qui n’ait pas su retenir mon attention malgré un scénario bien construit et des acteurs habités.

 

Nous n’allons pas nous attarder sur février. Le mois ne s’y prête pas. J’envisage même, l’année prochaine, de ne pas le mentionner du tout. Si ce n’est pour en demander l’interdiction officielle.

 

En mars, j’ai fait du vélo. Mais en amateur, histoire d’éviter les contrôles anti-dopage. L’itinéraire type me conduisait du crématorium, où feu mon superstitieux de beau-père n’aimait pas me voir jouer au football et enseigner à Petit Pepper que les esprits n’ont pas plus de corps que les promesses des politiciens, jusqu’au ruisseau, en traversant des rizières abandonnées, des vergers fertiles et des fourmilières vindicatives. Le but de ces sorties était souvent de pédaler plus vite que ne volaient les moustiques.

Mars étant un mois dont, bon an, mal an, je conserve toujours deux ou trois lambeaux de souvenirs, je puis affirmer que c’est à ce moment-là que les Chemises rouges ont convergé sur Bangkok. Je ne me suis jamais senti aussi désemparé devant une révolte populaire : nombre de leurs revendications ou, tout au moins, les revendications d’un certain nombre d’entre eux, et notamment des antimonarchistes, éveillaient ma sympathie mais comment soutenir un mouvement financé – et donc manipulé – par une ordure telle que Thaksin ?

 

En avril, saison chaude oblige, il a fait chaud. Le vélo est souvent resté à l’ombre, immobile, abandonné, rattrapé par la poussière. Pour Songkran, le jour de l’an thaïlandais, et il est remarquable que je m’en souvienne, j’ai bu des seaux de bière avec les suspects habituels avant que d’échouer dans le temple près de la rivière avec des dizaines de villageois en transe, des caisses de cervoise et des jerricans de vin de riz (j’ai fait l’impasse sur le « rhum »). A noter que cinq ou six d’entre eux ont été assez aimables pour, au milieu de la nuit, remonter à la surface et m’aider à retrouver ma moto.

 

J’ai quitté la Thaïlande en mai, après douze ans de bonheur et d’expériences en tous genres. J’y ai laissé un chat, une maison, une voiture, la moto miraculeuse, trois bicyclettes et plein d’arbres. Une déchirure. Pour une nouvelle naissance.

 

Juin, juillet, août furent plutôt agités. Pendant que la France, crise oblige, prenait des vacances au rabais – ou n’en prenait pas –  et que le gouvernement calculait combien de points pourrait lui rapporter de bastonner les Roms en place publique, j’ai couru de droite à gauche pour trouver une voiture, une maison loin des emmerdeurs et des tentations, des meubles et rempli des tonnes de papiers et de formulaires pour rappeler à la République que j’existais bel et bien même si cela n’apparaissait pas dans le PIB et la prier de bien vouloir donner des papiers à l’épouvantable mégère asiatique officiellement épousée le 12 juin, en présence de quelques lecteurs dont deux qui, venus de la septentrionale Belgique, ont entonné l’hymne thaïlandais sous les lustres de la mairie. Fort heureusement socialiste et peu portée sur l’identité nationale franchouillarde®. Ce fut, on peut le dire, un mariage aussi simple qu’un brin surréaliste qui faillit me coûter 12 euros d’amende dans un parking municipal. L’histoire est trop courte pour que je vous la raconte.

Le tourbillon a fini par s’arrêter et, au mois d’août, nous avons pu enfin passer en mode ralenti, profiter du jardin et boire des caisses de bière sous un parasol nouvellement acquis.

 

Depuis, il ne se passe pas grand-chose, les deux faits les plus notables étant sûrement que l’automne fut enchanté et que nous buvons beaucoup moins de bière et plus de vin rouge. Ou, parfois, rosé. Après avoir mené une série de tests, je puis d’ailleurs vous confirmer que l’on ne fait guère mieux que le rosé de Provence, question fruité. L’Australie et les pays de la Loire, entre autres, peuvent se rhabiller.

 

Petit Pepper et Lucy in the Sky vont tous deux à l’école, quoique pas dans le même établissement. Le sol boueux s’est transformé en quelque chose qui ressemble à du permafrost et, en cas de chute, fait aussi mal que du permafrost. Le jardin est rempli d’oiseaux bruyants venus quémander des miettes de pain et des boules de graisse. Nous avons maintenant 150 chaînes de télévision et des pneus neige. Avec le froid, les souris se font rares. Le cellier accueille du Chassagne Montrachet, du Gevrey-Chambertin et des vins de moindre envergure dont je ne doute pourtant pas qu’ils sauront prendre leur envol le moment venu. Il reste des truffes au chocolat dans le frigo et de l’absinthe du diable dans le bar. Je lis Trudi La Naine d’Ursula Hegi, une « narration éblouissante et audacieuse », et j’envisage, dès janvier 2011, de relire Un Garçon Convenable, l’énorme pavé de Vikram Seth. C’est encore assez confus dans ma tête mais sachez que j’ai aussi pour projet de devenir meilleur. Carrément.

 

Bien évidement, dans cette rétrospective de 2010, j’ai passé quelques faits sous silence et ne vous ai offert que le plus passionnant. Voyez-là, si vous le voulez, le respect dû à la clientèle. D’un autre côté, je vous présente mes excuses si le tourbillon évoqué, si le cyclone qu’est ma vie vous a donné le vertige.

 

Le réveillon du 31 décembre n’a jamais signifié beaucoup pour moi. Et, pour le prouver, je vais me contenter, dans une poignée d’heures, d’ouvrir un simple Côtes du Rhône Villages après avoir pris ma dernière douche de 2010. Qu’il soit dit aussi que j’envisage de n’utiliser qu’un savon ordinaire et non le superbe gel douche reçu à noël. Il se pourrait même fort que je sois au lit avant minuit. Avec le livre susmentionné. Ou l’épouvantable mégère asiatique également mentionnée plus haut. Voire avec les deux. Après tout, c’est la fête, non ?

 

Bonne année 2011 à tous les lecteurs, à ceux qui viennent, directement ou pas, sur ce blog, à ceux qui le lisent via Paperblog, à ceux qui sont en France et à ceux qui sont Ailleurs. Profitons-en tant que nous le pouvons encore. Vulnerant omnes, ultima necat.

 

 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 18:46

 

L’automne vient de poser ses bagages à Nothing Hill. Il a pris sa meilleure palette, ses plus beaux pinceaux et il a tout repeint. Du sol…

 

 Palette2

 

 

... au plafond.

 

Palette

 

 

Ces quelques photos ne rendent pas justice au chef d’œuvre qu’il vient à peine de réaliser. L’appareil n’est pas de bonne qualité, le ciel s’était couvert et le photographe, malgré toute sa bonne volonté, n’est pas une pointure.

Demain matin, si le soleil daigne briller, j’irai sur les hauteurs tenter de capturer l’or, le mordoré, le pourpre et le vert de son éphémère apogée.

Car c’est bien de cela dont il s’agit, une apogée éphémère et fragile. Jamais, dans cette région où mon ordinateur et moi avons planté nos racines, l’automne ne sera plus beau qu’aujourd’hui et dans les trois ou quatre jours à venir. La semaine prochaine, il fera ses premiers pas dans la mort noire, blanche et puis grise qui est son destin. Il sera livré au temps qui passe et aux rafales de vent qui arracheront sa parure multicolore.

 

L’automne inspire. Il inspire la nature bien plus sûrement que ne le peut le printemps. Il inspire, par ses milles nuances, les poètes, qui voient en lui une chatoyance qui, peut-être, fait défaut même aux femmes les plus brillantes. Il inspire aussi les gens comme moi, pourtant pas poète pour deux sous. Si, si. Figurez-vous que j’étais là, dans ma bagnole, parti pour acheter des nouilles, du beurre et peut-être, selon le prix, des poireaux et, soudain, en traversant la forêt étincelante, cette liste de commissions minables s’est comme par enchantement totalement évaporée de mon esprit. Pouf !

Une heure plus tard, je rentrai tout guilleret au bercail avec quatre bouteilles de bourgogne 2004 et une boîte de cigares. Ce doit être un miracle. J’ai beau me creuser, je ne vois pas d’explication plus cartésienne.

Bref, je suis là en train de téter du tabac cubain et j’envisage de descendre à la cave dans le quart d’heure qui vient pour remonter une deuxième boutanche.

C’est l’automne et tout va bien. Faute de nouilles molles, je ferai griller des girolles.

 

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 09:20

 

 

Un jour, alors que nous faisions du calcul, Petit Pepper m’a demandé à quoi peut bien ressembler un nombre négatif.

Ce matin, en sortant attendre le bus scolaire, il a eu sa réponse. La température avoisine les moins trois ou moins quatre degrés. Les prés sont blancs, couverts d’une pellicule de gel. La menthe, qui pousse en abondance sur le bord de la route, s’est ornée de cristaux délicats qui, il faut le reconnaitre, mettent sa beauté naturelle en valeur.

A noter que le bus avait quelques minutes de retard. Un troupeau de vaches, échappé d’on ne sait où, erre sur la route à un ou deux kilomètres de chez nous et bloque la circulation. A l’heure où je vous parle, on ne sait toujours pas si cette action sauvage a un quelconque rapport avec la réforme des retraites.

 

 

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Moins 2(2)

 

 

Au vu de ces deux photos, qui n’ont que peu de rapport avec la magie du paysage auquel nous avons eu droit ce matin, il est évident qu’il va falloir penser à acheter un appareil photo de bien meilleure qualité.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 10:28

 

 

Internet permet de retrouver des amis perdus de vue. Internet permet également d’être retrouvé par des amis. Parfois aussi, Internet permet d’être retrouvé par des gens qui, parce qu’ils ont essuyé les mêmes bancs d’école, habité le même quartier, embrassé la même fille ou le même garçon, voyagé régulièrement dans le même bus scolaire, allumé leur cigarette à la même allumette, s’imaginent qu’une espèce de lien ou de pacte vous unit à eux jusqu’à la fin des temps.

Ces derniers, des gens que souvent vous n’aimiez pas alors et qui ne vous aimaient pas plus, ont tendance à penser, quand ils arrivent à vous repérer au détour d’une intense recherche Google ou par le plus grand des hasards électroniques, que le temps a agi comme un baume et que ce baume a eu, par quelque incroyable miracle, le pouvoir, en plus d’effacer leur acné purulente, de les rendre fréquentables, cools, matures (pouah !), rigolos et toutes ces sortes d’adjectifs. Rien n’est plus faux. Les quotients intellectuel et émotionnel ne changent guère avec le temps et les années qui passent. Surtout le quotient intellectuel, d’ailleurs. Scientifiquement, il est presque impossible que celui qui servait d’étalon universel pour mesurer la connerie soit devenu autre chose que ce qu’il était déjà.

 

« Tu te souviens quand… », « Tu te rappelles de… », vous écrivent-ils, confiants d’être devenus l’être d’exception dont vous aviez, toute votre vie, attendu le courriel avec impatience.

Je ne sais pas ce que vous faites dans ces cas-là mais, en ce qui me concerne, j’ai préparé une réponse type :

 

« Madame, Monsieur,

J’ai eu un très grave accident d’hélicoptère, au dessus de Saigon, pendant la première guerre mondiale du Vietnam, et je ne me souviens de rien. Pas plus que je ne me rappelle de quoi que ce soit. Par conséquent, votre prochain mail, si vous deviez avoir l’audace de m’en envoyer un autre, sera considéré comme un spam. Dussiez-vous encore insister après cela que je me verrais dans l’obligation de saisir la justice ou, malgré le coût prohibitif, de faire appel à un tueur à gages.

Salutations. »

 

Généralement, les choses en restent là. Je n’ai pas dû, au fil des ans, faire enfermer ou éliminer plus de deux ou trois personnes.

 

Mais ce n’est pas d’eux dont je veux vous entretenir aujourd’hui. Je veux plutôt vous parler de ceux que l’on aimait et dont on a la faiblesse de penser qu’ils nous aimaient aussi. Et si je veux parler vous d’eux, c’est que l’un de ces êtres d’exception vient juste de me remettre la main dessus après 20 ou 25 ans et que, dans son deuxième mail, il écrit ceci : « Ou alors on a trop vieilli et on est devenu des vieux schnocks Tamalou et on va se faire peur ? »

 

Je pourrais bien évidemment répondre dans un mail à lui exclusivement réservé mais j’ai pensé qu’il serait plus amusant de le faire ici, au vu et au su de tout le monde. Même si cette réponse est susceptible d’être lue par tous les cons à qui j’ai affirmé être devenu amnésique à la suite d’un accident d’hélicoptère.

 

 

Cher Y.,

 

Je ne suis pas un Tamalou. J’ai peut-être beaucoup de chance mais, malgré le crash de mon hélicoptère, je n’ai mal nulle part et n’ai donc aucune raison de me plaindre de douleurs que je ne ressens pas.

 

Je ne suis pas vieux non plus et je te serai reconnaissant d’être poli. Que nous ayons voulu libérer les cochons ensemble ne te permet pas de faire excès de familiarité. Figure-toi que, si la logique a été respectée,  je devrais toujours avoir le même âge que toi. Ce qui est parfaitement compréhensible puisqu’à l’époque de nos velléités révolutionnaires porcines sur fond de Pink Floyd, c’était déjà le cas. Si le temps s’est accéléré pour toi, c’est entièrement ton problème et je te prie, humblement mais fermement, de garder tes problèmes pour toi, ta femme et tes enfants. Après tout, c’est eux que tu as épousés. Mon âge à moi n’a pas pris une ride ni même un an de plus et j’ai toujours su qu’il en serait ainsi. Certaines personnes, et j’en fais fort heureusement partie, développent une forme de résistance à la maturité.

 

 

Tu dois avoir drôlement mal vieilli, mon ami, si tu en es à te demander si je suis devenu un schnock.  Ne te souviens-tu donc pas que schnock, je l’ai toujours été ? Ma grand-mère, une femme aussi pleine de bon sens qu’elle était sournoise, avait, dès ma naissance, repéré ce trait de caractère et prédit que schnock je l’étais tellement que je finirais sûrement en prison*. Quoiqu’il se pourrait qu’elle ait eu raison et qu’un jour, je me retrouve dans un quartier de haute sécurité, il se trouve qu’elle est morte et que je suis vivant. Comme quoi, contrairement à ce qu’elle racontait sans cesse, son bon sens ne l’a mis à l’abri de rien.

 

Si je suis toujours très beau, bien plus beau que tu ne l’as jamais été et ne le seras jamais, j’ai malheureusement grossi. Du bide et du dos. Il m’arrive parfois, alors que je suis nu devant le miroir en pied qui orne l’armoire de ma chambre, de pleurer longuement, irrépressiblement. Ma femme, une mégère asiatique connue sous le nom de Lucy in the Sky, ne veut plus faire l’amour que dans l’obscurité la plus totale et je dois, pour ne pas devenir plus fou et plus triste que je ne le suis déjà, m’imaginer que ses pleurs sont des cris de jouissance exotiques. Le problème est tel que, sans ce sublime effort d’imagination, je deviendrais irrémédiablement flaccide. J’ose espérer qu’elle ne s’habituera jamais à ce corps immonde qui est aujourd’hui le mien. Si elle devait cesser de pleurer, cela sonnerait sûrement le glas de ma vie sexuelle. Mais je te montrerai tout ça lors de notre prochaine rencontre.

 

Cher Y., je ne doute pas un instant que tu brûles d’envie de me revoir au plus vite. J’ai toujours eu cet effet sur les gens. Mais ce sera plutôt à toi de venir vers moi. Figure-toi que j’essaie, depuis des années déjà, de battre mon propre record d’immobilité et que je détesterais mettre à bas tout le travail que je n’ai jamais accompli pour en arriver à ressembler à une statue. Le Penseur de Rodin ou quelque chose d'aussi sublime.

 

Embrasse ta femme pour moi. Si, il y a 26 ans, j’ai dû me contenter de besogner sa meilleure amie, je n’en suis en rien responsable : elle n’avait déjà d’yeux que pour toi. Il faudra d’ailleurs que tu m’expliques enfin pourquoi. Je n’ai jamais compris.

 

Je n’y crois pas une seconde mais si, à la lecture de cette lettre d’amour, tu devais décrocher ton fusil et parcourir les 300 kilomètres qui nous séparent, tu auras la réponse à la question primordiale que tu m’as bien légèrement posée. Quoi qu'il en soit, dans le cas bien improbable où toi tu serais devenu un vieux schnock Tamalou, je te serais reconnaissant de me tirer dans ce bide que je déteste et dont je pense bientôt divorcer. Mais pas dans le visage, s'il te plaît. Des visages beaux comme le mien, il n’en nait que deux ou trois par siècle. Ce serait une hérésie que de détruire cette œuvre d’art pour laquelle ma mère s’est cassée le cul.

 

 

Avec tout mon amour,

 

Sergeant Pepper.

 

 

 

 

* véridique

 

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 15:20

 

Nothing Hill, 15 heures. Non, ce n’est pas une photo en noir et blanc. Non, ma montre n'est pas cassée non plus.

Je sens que l’hiver va être long. En tous cas, un truc est sûr : il va falloir éviter de tomber ses clés dans les mois qui viennent.

 

15 heures

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