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Suicide Bomber

27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 14:00

 

Le-Seigneur-des-Porcheries-Tristan-Eglof

 

 

Le seul roman, parmi tous ceux que j’ai pu lire, qui se rapproche un tant soit peu de celui-ci est, à mon humble avis de critique non-éclairé, La Conjuration des Imbéciles de John Kennedy Toole. Et j’ai comme dans l’idée que les lecteurs qui ont aimé Ignatius Reilly, grotesque personnage qui ne sort pratiquement jamais de sa chambre, ne pourront qu’également adorer ce John Kaltenbrunner que l’on expulse de sa ferme et qui, finalement devenu un « torche-colline », un « ramasse-merde », un intouchable parmi les intouchables, mettra son épouvantable ville natale à genoux.

Le Seigneur des Porcheries est nettement plus sombre que La Conjuration des Imbéciles, incontestablement plus empli de rage mais, s’il prête moins souvent au rire ou aux sourires et se lit moins facilement, il est largement aussi foutraque.

 

Je ne tiens aucun de ces deux romans pour un pur chef d’œuvre mais je crois qu’ils en ont tous deux la charge, le brio, l’extravagance, le caractère unique – bref, tout le potentiel – et qu’il n’eut certainement pas fallu grand-chose, sinon un brin plus de polissage, pour que les histoires de perdants magnifiques qu’ils nous content l’un et l’autre entrent de plain-pied, et sans que personne ne le conteste, dans la catégorie des livres immenses.

 

Bref, je viens d’accorder au Seigneur des Porcheries ce que j’avais déjà accordé à La Conjuration des Imbéciles : une deuxième lecture entièrement à jeun, quelques années après une première approche que je crois me rappeler fortement cannabisée. Si je ressors de cette relecture en comprenant mieux pourquoi un certain nombre de gens ont trouvé ce roman détestable, je dois avouer que, irréductible et inexpugnable, je fais toujours partie de ceux qui sont bien plus sensibles à ses qualités indéniables qu’à ses défauts mineurs – et ce d’autant plus qu’il me semble que, comme une dent imparfaitement implantée contribue parfois à faire d’une beauté froide et à mille autres pareille une femme au charme unique et lumineux sur laquelle tous les regards s’accrochent, ces défauts que je crois parfois déceler concourent au caractère exceptionnel du livre et jamais ne le défigurent.

 

Je ne recommande ni ne déconseille Le Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf. Vous faites ce que vous voulez, vous lisez ce que bon vous semble. Je crois simplement – et peut-être est-ce cela que j’essaie de dire depuis le début – que ce bouquin pourrait faire date dans la vie de quelques fous de lecture et quelques lecteurs fous.

 

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Published by Sergeant Pepper - dans Culture
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Sophie K. 28/12/2012 11:04


Je ne les ai pas lus encore, ni l'un ni l'autre, mais ils sont sur ma liste depuis qu'un paquet de gens intelligents et drôles m'en ont parlé. Tu grossis la troupe, et ces livres deviennent
incontournables, décidément.

Zoë Lucider 27/12/2012 22:07


La conjuation des imbéciles est un grand livre. je ne l'ai pas relu depuis que l'avais dégusté avec beaucoup de plaisir et le fait que son auteur se soit suicidé est à la fois une évidence et un
mystère. Or j'apprends en allant voir qui est cet Egolf dont j'avais entendu parler mais trop vaguement qu'il s'est suicidé à 33 ans. Sans doute porter en soi une si terrible dérision doit finir
par décourager en soi la vie elle-même.

 

 

 

 

 

 

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