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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 05:46

La Thaïlande s’apprête à expulser les 4 532 réfugiés Hmong du camp de Huay Nam Khao, dans la province de Petchabun, pour les renvoyer au Laos. Dans un dictionnaire Hmong, Laos n’est pas un nom propre mais un synonyme des mots enfer, génocide, famine, tortures et viols.

 

Le 23 décembre, un sinistre convoi, composé de forces spéciales et d’une centaine de camions militaires et de cars, est arrivé aux abords du camp. L’expulsion forcée devrait commencer ce soir, 27 décembre, ou demain. Quoi qu’il en soit, l’accord conclu entre la Thaïlande et le Laos prévoit que tout sera fini le 31 décembre. Peu importe que cette expulsion soit illégale au regard des lois internationales, peu importe que la Thaïlande, qui s’est autoproclamée Pays des sourires, ait ratifié les conventions. Dès qu’il s’agit de tribus montagnardes, qu’elles soient originaires de Thaïlande, du Laos ou d’ailleurs, les Thaïlandais n’ont en général rien à foutre de ce qui est légal et de ce qui ne l’est pas. L’adjectif « humain », appliqué aux montagnards, a tendance à faire rire le gouvernement siamois et ses affables militaires. Pour eux, les malheureux de Petchabun ne sont que des clandestins poussés par des raisons économiques et, de peur qu'on ne leur accorde le statut de réfugié auquel beaucoup, sinon peut-être tous, ont droit, ils ne permettent même pas au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de pénétrer dans le camp.

M. Abhisit, le premier ministre thaïlandais qui pense être un gentleman parce qu’il a fait ses études à Eton et à Oxford, a décidé d’ignorer les appels désespérés des Nations Unies, de sénateurs américains, d’Amnesty International, de Médecins sans Frontières et de tous ceux qui se soucient un tant soit peu de ces malheureux.

 

Bien évidemment les Hmong refusent l’expulsion. Qui monterait de son plein gré dans un bus dont la destination finale pourrait être la prison ou la mort ?

Mais les soldats thaïlandais leur ont d’ores et déjà fait savoir que, dans le vaste monde, ils n’étaient qu’une ethnie qui n’intéressait absolument personne, des moins que rien, et que tout réfugié qui refusera d’embarquer sera battu, voire abattu. Avec l’impunité qui découle de l’indifférence.

 

 

Pendant la guerre, les Hmong ont combattu au côté des Américains. Après leur victoire, en 1975, les communistes se sont juré de tous les exterminer. Aujourd’hui, le meurtre d’un Hmong permet à un soldat laotien de devenir automatiquement membre du parti communiste, de monter en grade et de toucher 6 millions de kips, soit environ 420 euros.

 

Il est très difficile d’estimer combien d’entre eux survivent encore dans la jungle et continuent à combattre pour assurer cette survie. Ce qui est certain, c’est que leurs conditions de vie sont épouvantables. Complètement encerclés par l’armée laotienne, ils n’ont plus rien depuis longtemps. Enfants ou adultes, ils souffrent tous de malnutrition. Les maladies, les blessures ne sont pas traitées. Les quelques armes dont ils disposent pour tenter de repousser les assassins ont trente ans d’âge. Les enfants qui se font attraper sont violés, torturés, abattus. Ceux, à bout de force, qui se rendent disparaissent à tout jamais. Aucune association caritative n’a accès aux survivants. Rarement un groupe ethnique ne s’est trouvé dans un tel cul-de-sac, à deux doigts de l’extermination, face à un ennemi tout puissant, presque complètement abandonnée du monde.

 

Les 4 532 âmes que la Thaïlande va commencer à expulser ce soir, ou tout au moins une partie d’entre eux, sont des morts et des prisonniers en sursis. Mais que l’on se rassure, le gentleman d’Oxford nous promet qu’ils seront traités « humainement » jusqu’à la frontière.

Passé ce point dans l’espace, c’est un autre adverbe qui prendra la relève mais cela lui importe peu. Les accords commerciaux avec le Laos s’empilent sur son bureau et des heures d’un travail éprouvant l’attendent : il va falloir tous les signer, sans exception. 


Hmong
Time Magazine, Welcome to the Jungle 


Hmong2
Hmong3
L'artiste s'appelle Cy Thao. Ses peintures sur l'histoire, le mode de vie et l'immigration des Hmong sont visibles ici, sur le site du Center For Holocaust & Genocide Studies de l'université du Minnesota (USA). 
 

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Nouvelles du Monde
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Date de naissance du blog

  • : 07/07/2009
 
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